The christening speech of the Bishop in French
Amalienborg, 21st January 2006
Remplis de joie face au miracle de la vie,
Un nouveau-né dans les bras,
Nous venons à Toi, qui nous as donné la vie.
Remplis de crainte devant l’inconnu de l’avenir
Nous plaçons notre enfant dans tes bras
Par le baptême nous reprenons confiance.
Les 2 strophes qui commencent l’un des nouveaux psaumes de baptême du Livre danois des psaumes expriment précisément pourquoi nous baptisons nos enfants. Cela peut être dit en 4 mots qui nous sont familiers: joie, gratitude, inquiétude et sécurité.
La joie est visible sur les photographies de la famille qui aujourd’hui fait baptiser son enfant : qu’il s’agisse de la fière déclaration du Prince Héritier annonçant que la Princesse Héritière avait mis au monde un garçon bien portant ou du chaleureux sourire de la Princesse Héritière lorsqu’elle a quitté la maternité. « Cela rend si heureux ! » a-t-elle dit aux photographes présents.
Tous les parents peuvent se reconnaître dans ces photos et nous nous souvenons de notre propre joie lorsque nous sommes devenus parents : « remplis de joie face au miracle de la vie ».
C’est aussi pour cette raison que nous sommes si reconnaissants. Avoir un enfant est un présent si grand qu’il provoque en nous la plus grande des gratitudes. Le baptême de votre enfant aujourd’hui est le signe que cette gratitude s’adresse à Dieu, qui nous a donné la vie. Qui pourrions-nous remercier des présents de la vie, sinon son Créateur !
Mais avoir un enfant c’est aussi connaître l’inquiétude. Cela tous les parents le savent. Nous nous inquiétons pour nos enfants quand ils sont petits et qu’ils dépendent de nous, mais aussi quand ils grandissent et qu’ils rencontrent des problèmes. Dans un sens nos enfants ne cessent jamais d’être nos enfants. Aussi longtemps que les parents vivent ils s’inquiètent, à tort ou à raison. Car aimer c’est s’inquiéter pour celle ou celui qu’on aime.
On se demande instinctivement qu’adviendra-t-il de notre enfant quand il grandira ? Pourra-t-il se charger des tâches qui lui seront confiées ? Aura-t-il une bonne vie, lors de laquelle les joies seront plus nombreuses que les peines et les tâches en accord avec ses forces et ses possibilités ?
Dans le passé les membres de la famille royale étaient baptisés au château juste après la naissance sur les mêmes fonts baptismaux que nous utilisons aujourd’hui. Baptiser les enfants le plus vite possible était une nécessité, la mortalité infantile était grande en ce temps-là. Ce n’est heureusement plus le cas, mais nous connaissons toujours la peur de perdre notre enfant. Cette peur hante chaque mère et chaque père.
« Par le baptême nous reprenons confiance » est-il écrit dans le psaume. Je crois que c’est ce sentiment que nous avons quand nous portons notre enfant sur les fonts baptismaux. Car faire baptiser son enfant c’est le placer dans les mains du Seigneur, qui au contraire des nôtres restent fermes et ne lâchent pas prise. Nous savons alors que notre enfant est en sécurité, quelque soit le déroulement de sa vie. Nous ne pouvons pas effacer notre inquiétude, mais nous pouvons la partager avec Dieu, que Jésus Christ nous a fait connaître comme Notre Père qui est aux Cieux. Par le baptême nous donnons notre enfant à Dieu et nous prions Dieu pour qu’il soit avec lui. « Par le baptême nous reprenons confiance »
Lorsque dans un instant je vais baptiser le « Petit Prince », comme nous l’avons jusqu’à aujourd’hui appelé, je ferai le Signe de la Croix sur son visage et sur sa poitrine, et je prononcerai ces mots : « en témoignage de ton appartenance à Jésus-Christ, notre Seigneur crucifié ». Le Signe de la Croix n’est d’ailleurs pas réservé au seul baptême. J’ai remarqué que beaucoup de pratiquants font aujourd’hui le Signe de la Croix quand ils reçoivent la bénédiction, et que beaucoup de jeunes portent une croix en collier.
Cela renvoie sans ambiguïté à la mort de Jésus sur la Croix. En faisant le Signe de la Croix sur le nouveau-né, en portant une croix comme bijou, nous signalons que nous appartenons à Jésus Christ, dans la vie comme dans la mort, et que nous vivrons, mourrons et ressusciteront avec Lui.
Aujourd’hui votre enfant commence sa vie commune avec Celui qui est mort et ressuscité pour nous. Même si c’est le prêtre qui baptise, c’est le Christ qui agit dans le baptême et qui nous offre en présent la communauté de vie avec Lui, qui nous portera et nous sauvera à travers les péchés et la mort.
« Et voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu´à la fin de monde!» dit Jésus dans son instruction sur le baptême. Cette promesse ne dépend pas de nous mais de Lui, qui est Dieu fait de chair et de sang. Cette promesse demeure, quelque soit l’âge auquel nous sommes baptisés. Dieu Lui-même est garant du baptême et de la promesse qui s’y rattache. Personne, pas même nous, ne peut abolir cette promesse. Mais c’est seulement quand nous en prenons connaissance et quand nous y croyons que nous pouvons l’apprécier et en recevoir les bienfaits. C’est pour cette raison que nous devons élever nos enfants dans la foi chrétienne et prier pour qu’ils restent avec Jésus, de la même manière qu’ils sont greffés sur Lui lors du baptême.
En tant que Chrétiens, nous naissons d’une certaine façon deux fois. La première fois lorsque nous naissons de notre mère. Nous sommes « mis au monde » comme on dit. Nous recevons la vie, pour le meilleur et pour le pire, et cette vie se termine à un certain moment par notre mort.
Dans le baptême nous naissons pour ainsi dire une seconde fois, non pas dans ce monde, mais dans le Royaume de Dieu. Ce royaume de l’amour qui est nous est devenu proche grâce à Jésus, et qui demeure pour l’éternité, même lorsque ce monde disparaîtra. Nous renaissons à un espoir vivant.
Par Ton œuvre, par la volonté de l’amour,
nous naissons à nouveau dans la vie du Christ,
pour une existence dans la foi et la confiance.
Et à la fin des temps vivront encore
Tes promesses faites sur les fonts baptismaux,
la lumière du baptême demeure allumée quand la vie s’éteint.





